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Surfant sur le succès de son blog, Georges Perès organise des réunions.
Georges Perès a beau prétendre qu'il ne va pas vite, en tout cas « aussi vite qu'un tracteur », il commence à sérieusement maîtriser sa bécane. D'ail- leurs, rançon du succès oblige, pour ne pas se faire enguirlander par les fans qui surveillent chaque parution sur son blog (1), il reçoit une fois par semaine « un drôle », comme il dit, qu'il a connu tout minot et dont l'informatique est désormais le métier, pour se perfectionner.
À 83 ans, le papi blogueur de Mirande est en quelque sorte en formation continue volontaire et il y tient. « Par respect pour les visiteurs de "Patois gascon", je n'ai pas le droit de ne pas m'appliquer », estime-t-il.
Dix mois après la création de son blog dans lequel il raconte, en français puis en patois, des tranches de vie savoureuses, Georges Perès surveille, chaque jour sur Internet, l'histogramme qui comptabilise le nombre de visites sur son blog. « 1 443 depuis le mois de mars 2011 ! Et 3 480 chapitres lus ! » L'octogénaire n'en revient toujours pas.
Causette en patois les jeudisMais surfant sur le succès de son blog, il a décidé de lancer des réunions en patois à la salle Beaudran de Mirande, chaque jeudi de 15 heures à 17 heures. La première a eu lieu la semaine dernière. Sans publicité, juste sous l'effet du bouche à oreille, une quinzaine de personnes sont venues spontanément passer deux heures à discuter en patois. « Il y avait notamment une institutrice et une se- crétaire en retraite, d'une soixantaine d'années. Elles sont dans une tranche d'âge qui est intéressante, car elles peuvent encore transmettre durant dix ans. Moi, à 83 ans, plaisante Georges Perès, je ne suis plus sur la piste d'envol, mais sur celle qui va vers le trou ! »
Transmettre, dit-il en roulant les « r » plutôt deux fois qu'une (2), voilà donc ce qui importe surtout à Georges Perès. Car le patois, contrairement à l'occitan, ne s'écrit pas. Ou du moins ne s'écrit plus depuis au moins 500 ans, date des derniers écrits recensés. « Autrefois, les gens qui parlaient le patois ne savaient pas lire. C'est une langue qui vit par le parler. »
Une police à la hauteurLa transmission ne peut donc se faire que de façon orale. Georges Perès, en bon Gascon doté d'un sacré caractère, prend d'ailleurs un malin plaisir à écrire un même mot avec trois orthographes différentes. Les occitanistes ronchonnent. Il s'en contrefiche. « En patois, on écrit comme on parle, il n'y a pas d'accord. Le patois gascon n'a rien à voir avec l'occitan. D'ailleurs, la Gascogne n'est pas l'Occitanie. On ne va pas se laisser envahir ! » Plutôt que l'orthographe, ce sont les syllabes ou les lettres, qu'il faut appuyer et qu'il surligne patiemment en gras sur son blog, qui aiguillonnent le perfectionnisme de Georges Perès. Et la police aussi : « C'est important. Il faut qu'elle soit suffisamment grosse, car la grande majorité de mes lecteurs a plus de 70 ans ! »
(1) http://georgesperes.unblog.fr (2) Ne dit-on pas que le gascon roule les « r » comme l'Adour roule les galets !
Sources: le sud ouest en date du 11 janvier 2012.